Le Docteur Price MARS, le père de l’indigénisme……

Posté par elizepierre le 30 juin 2011

Le Docteur Price MARS est véritablement le maitre à penser du xx ème siècle haitien. Né à la Grande-Rivère du Nord, en 1876, il est mort en 1969, à 93 ans, laissant derrière lui une oeuvre abondante. Principale théoricien de l’indigénisme, médecin, historien, diplomate, écrivain, sociologue, philosophe. Bien avant les jeunes de la nouvelle ronde (1925). Price MARS avait commencé à repandre les idées directrice du mouvement indigéniste dans une série de conférences prononcées à partir de 1917 et reprise plus tard dans la vocation de l’élite (1919). Ainsi Parla L’Oncle (1928). Mensionnons aussi parmis ses oeuvres principales: Une étape de l’évolution haitienne (1929)., Formation ethnique folklore et culture du peuple haitien (1939), La République d’Haiti et la République dominicaine (1953), De Saint-Domaingue à Haiti (1957).

Jean Price MARS fut à la fois un anthropologue, un savant, un grand écrivain et un chef d’école. Avec lui, la littérature haitienne détient les éléments pour être franchement autonome, autonomie qu’elle recherche dépuis l’école de 1836. Les plus grands poètes de la négritude l’ont considéré comme un maitre, comme l’Oncle. Il a montré à des générations successives d’haitiens et de noirs les trésors de leurs cultures et tout le parti qu’elles pouvaient en tirer. Poètes, romanciers, dramaturges de l’école indigéniste lui doivent beaucoup. Il a également suscité des vocations au sein du groupe Griot et son influence se fait sentir jusque de nous jours dans l’architecture, la peinture, la mode, la décoration, les arts plastiques et des lettres. Sa renommée a traversé les frontières pour atteindre l’Europe, les américains noirs et l’Afrique. En 1966, Adakar, à l’occasion du premier festival des arts nègres, il a été acceuilli comme un véritable chef d’Etat.

Léopold Sédar SENGHOR, à l’époque président du Sénégal, lui a rendu hommage à l’occasion de ses 80 ans ainsi: « Il est des noms qui sonnent comme un manifeste. Tel me fut révélé le nom du Docteur Jean Price MARS. Etudiant en Sorbonne, j’avais commencé à reflechir au probleme d’une renaissance culturelle en Afrique noire, et je me cherchait – nous nous cherchions – un parrainage qui pût garantir le succès de l’entreprise. Au bout de ma quête, je devais trouver Alain LOCKE et Jean Price MARS. Et je lus Ainsi Parla L’Oncle d’un trait, comme on boit l’eau de la citerne, au soir, après une longue étape dans le désert. »
Le Docteur Pradel POMPULUS de son coté, écrit: « Si l’haitien d’aujourd’hui se reclame sans sourciller de la race noire, si notre littérature, notre peinture, notre sculpture, notre architecture, notre musique contemporaine et même la mode féminine vont puiser sans timidité aux sources de notre folklore, c’est à lui surtout que l’on doit se progrès. »

Coup d’oeil sur l’une de ses manifestes oeuvres: Ainsi Parla L’Oncle, 1928

Le but de Docteur Price MARS fut d’intégrer la pensée populaire haitienne dans la discipline de l’ethographie traditionnelle, de relever aus yeux du peuple haitien la valeur de son folklore, il constate que le folklore haitien est comparable à celui de tous les autres peuples et qu’il recèle des richesses insoupçonnées. Il fait état de notre dualisme culturel et affirme que notre culture est Afro-latine, avec dominance africaine.

Price MARS dénonce ce qu’il appelle le bovarysme de l’élite, c’est-à-dire la tendance à se croire autre qu’elle est. Nous singeons les blancs (blancomanie), nous nous croyons des français colorés ( francophilie). Certains haitiens avaient même honte de leurs origines africaines.

 » A la rigueur, écrit Price MARS, l’homme le plus distingué de ce pays aimerait mieux qu’on lui trouve quelques ressemblances avec un Esquimau, un Samoyène ou unToungouze plutôt que de lui rappeler son ascendance Guinéenne ou Soudanaise. Il faut voir avec quel orgueil quelques unes des figures les plus représentatives de notre milieux évoque la virtualité de quelques filiation bâtarde. » Price MARS leur rappelle que l’Afrique n’est pas un continent dénué de civilisation, il y a eu , au moyen âge et même dans l’antiquité, sur le sol africain de grands centres de civilisation, à un moment où les blacs étaient encore plongés dans la barbarie et la superstition.

Price Mars prouve aussi que le vaudou est une religion et qu’il existe une civilisation haitienne. Il demande à nos écrivains de puiser dans le folklore pour etre originaux. « Soyons nou même le plus complètement possible », dit il. C’est la seule manière d’opposer une résistance valable à l’occupant et de ne pas avoir à subir demain une nouvelle occupation.

A partir de cette publication, la littérature haitienne prend une orientation nouvelle avec le Docteur Jean Price MARS.

Texte de Elizé PIERRE
pize85@yahoo.fr
(509) 3 737 55 18

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